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H.P.Lovecraft, né dans le pulp et mort dans l’indifférence générale, est pourtant l’un des pères fondateurs les plus influents de la pop culture actuelle.

Confrontant l’humanité à une peur qu’elle ne connaissait pas encore jusqu’alors, il aura éveillé un intérêt croissant pour une mythologie cosmique horrifique qui place les humains dans l’inconfort de n’être que les spectateurs de leur fin, victimes d’entités indifférentes à nous comme nous pouvons être indifférents au sort des fourmis sous nos semelles.

Ce numéro propose trois interprétations de nos auteurs de leurs expériences de la terreur lovecraftienne.

Un commentaire

  1. Le poete invite son ame a partir en voyage, toujours plus au nord, par une gradation allant du chaud vers le froid, « vers les pays qui sont les analogies de la Mort », en Laponie finlandaise a Tornea, « encore plus loin de la vie », puis au pole Nord, vers une region inconnue aux confins du monde. Le spectacle sublime de l’aurore boreale, metaphore du feu d’artifice que l’Enfer envoie au monde, invite a des synesthesies dont l’irruption vient rompre le silence de l’ame qui se met a crier « sagement ». La puissance de l’explosion poetique de l’aurore boreale resonne dans cet oxymore final et resout l’aporie annoncee au debut du poeme : « je serai toujours bien la ou je ne suis pas ». Tour a tour metaphore de l’espoir, de la nostalgie, de la mort et de l’enfer, le phenomene naturel de l’aurore boreale indique finalement un « Nord » existentiel et invite le poete a faire du « Nord » la matrice d’un travail figural. Objet faconne par le travail d’evocation poetique, le « Nord » abdique partiellement sa fonction de structuration de l’espace ; il cesse d’etre seulement un territoire geographique pour devenir egalement metaphore. Par cette double propriete territoriale et expressive, le « Nord » sert des lors de matrice fictionnelle et poetique au service de l’enonciation d’un paysage tout autant imagine qu’imaginaire. La description de l’aurore boreale par Gide ou Baudelaire devoile l’emergence d’une « pensee-paysage » selon l’apposition proposee par Michel Collot ( 2011: 12 ) qui traduit une relation intime entre pensee du « Nord » et creation poetique. Ici la « poetique boreale » donne a penser plus qu’elle ne donne a voir : elle exprime « une forme specifique de pensee qui, a partir de l’experience du paysage, s’inscrit dans les qualites sensibles du langage » (2011: 14). Le paysage nordique, bien que fantasme par celui qui l’enonce sans l’avoir vu ni pratique, devient «

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